Le batik, l’art de dessiner à l’envers avec de la cire

Publié le 12 janvier 2017

Les reportages sont parfois guidés par le hasard de la découverte. C’est le cas pour cet article sur l’art du batik raconté par Blandine OUEDRAOGO, rencontrée alors que l’envoyée spéciale attend des interlocuteurs qui tardent à montrer le bout du nez.

Culture et francophonie

Le Centre National d’Artisanat d’Art de Ouagadougou est l’endroit recommandé pour aller à la rencontre des fabricants de masques. Situé en plein centre-ville, c’est un espace immense ou fourmillent des petites mains qui travaillent le cuivre ou le bois ou qui peignent des aquarelles. Au fil des boutiques, le travail de Blandine OUEDRAOGO attire notre regard. Cette dame est inclinée sur un tissu blanc et dessine avec un ponceau bien spécial, le jeanthing. « C’est avec le jeanthing que nous faisons le batik », dit-elle en faisant une pause. Et puisque les artisans qui fabriquent des masques sont en retard et que les batiks de Blandine sont finis et vraiment beaux, restons avec elle pour assouvir notre curiosité.

« Je suis batikière », affirme Blandine. Elle est d’accord avec l’idée que l’art du batik est l’art de la patience et du détail. Pour arriver au résultat final, il faut travailler lentement et avec méthode. Dessinateurs ou dessinatrices doivent être patients et méticuleux. La première étape est de dessiner sur un tissu en coton blanc le motif final à reproduire sur la toile. « En général, au Burkina, les batiks représentent des scènes de villages, des danses traditionnelles et des animaux comme les éléphants, les girafes ou des oiseaux. Mais nous les jeunes artistes, nous innovons avec des dessins plus osés, plus modernes et plus abstraits », affirme Blandine. 

Une fois que le dessin est posé sur la toile au crayon, il faut choisir les couleurs pour chaque motif. C’est très important, car les couleurs sont appliquées une par une et dans un ordre très précis : « On va de plus clair au plus foncé », explique Blandine. Elle recouvre alors de cire toutes les parties du dessin qui ne seront pas jaunes avec le jeanthing, cette espèce de plume ancienne qui contient de la cire chaude et liquide. Si la superficie à dessiner est grande, c’est le pinceau qui est utilisé.

Quand les zones du dessin qui ne seront pas jaunes sont protégées par de la cire, le tissu est trempé dans de l’eau froide mixée avec de la teinture jaune. Les zones du tissu non recouvertes deviennent jaunes. C’est au tour de la couleur orange. Quand le tissu est sec, la cire est retirée des zones qui sont à colorer en orange. La procédure est répétée autant de fois qu’il y a de couleurs. « C’est comme colorier un dessin mais à l’envers », raconte Blandine.

Quand toutes les couleurs sont fixées et que la coloration du batik est terminée, le tissu est trempé dans de l’eau très chaude pour faire fondre la cire qui reste. Le Batik est prêt à l’emploi. Blandine obtient des tissus où se mêlent différents tons ou contrastes, juxtaposés ou superposés, formant toutes sortes de motifs. « Nos dessins font office de tableaux, mais ils peuvent aussi servir de nappes, de serviettes, de cousins, de service de table et de bien d’autres choses », dit Blandine en souriant contente de son travail.

Les origines du batik remontent à plus de mille ans. Cette technique d’impression, utilisant « la coloration par épargne », se retrouve dans plusieurs communautés d’Afrique de l’Ouest, du Moyen-Orient et d’Asie.

Sources photographiques

Le CNAA, en plein centre-ville de Ouagadougou, héberge plus de 80 ateliers d’artisans et d’artistes qui travaillent le cuivre, le bronze, le bois et les tissus.
Le CNAA, en plein centre-ville de Ouagadougou, héberge plus de 80 ateliers d’artisans et d’artistes qui travaillent le cuivre, le bronze, le bois et les tissus.
Le jeanthing, avec un outil pour la cire liquide. C’est l’outil indispensable pour dessiner un batik.
Le jeanthing, avec un outil pour la cire liquide. C’est l’outil indispensable pour dessiner un batik.
Avec le jeanthing ou la broche, la cire est déposée sur les parties à protéger de la prochaine coloration.
Avec le jeanthing ou la broche, la cire est déposée sur les parties à protéger de la prochaine coloration.
Jean, collaborateur de Blandine, trempe le tissu dans l’eau froide avec des teintures différentes. Les couleurs apparaissent petit à petit.
Jean, collaborateur de Blandine, trempe le tissu dans l’eau froide avec des teintures différentes. Les couleurs apparaissent petit à petit.
Ici on vient d’obtenir la couleur verte.
Ici on vient d’obtenir la couleur verte.
Une fois toutes les couleurs appliquées sur le tissu, le batik est trempé dans de l’eau bouillante pour que la cire fonde et disparaisse.
Une fois toutes les couleurs appliquées sur le tissu, le batik est trempé dans de l’eau bouillante pour que la cire fonde et disparaisse.
Le résultat final est mis en vente dans la boutique de Blandine où l’on trouve de nombreux batiks aux couleurs vives et aux motifs très variés,
Le résultat final est mis en vente dans la boutique de Blandine où l’on trouve de nombreux batiks aux couleurs vives et aux motifs très variés,
Le CNAA, en plein centre-ville de Ouagadougou, héberge plus de 80 ateliers d’artisans et d’artistes qui travaillent le cuivre, le bronze, le bois et les tissus.
Le jeanthing, avec un outil pour la cire liquide. C’est l’outil indispensable pour dessiner un batik.
Avec le jeanthing ou la broche, la cire est déposée sur les parties à protéger de la prochaine coloration.
Jean, collaborateur de Blandine, trempe le tissu dans l’eau froide avec des teintures différentes. Les couleurs apparaissent petit à petit.
Ici on vient d’obtenir la couleur verte.
Une fois toutes les couleurs appliquées sur le tissu, le batik est trempé dans de l’eau bouillante pour que la cire fonde et disparaisse.
Le résultat final est mis en vente dans la boutique de Blandine où l’on trouve de nombreux batiks aux couleurs vives et aux motifs très variés,

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