« Quand le fleuve tourne les caïmans doivent aussi tourner. Nous sommes les caïmans et nous devons accepter la modernité »

Publié le 27 janvier 2017

Les globe-reporters Sana, Amira et Sabrina du collège Jean Baptiste Clément à Colombes veulent en savoir davantage sur les conditions de vie dans un village burkinabé. Pour satisfaire leur curiosité, leur envoyée spéciale s’est rendue dans le village de Nagréongo.

Economie, histoire et politique

Nagréongo est situé à une quarantaine de kilomètres de Ouagadougou. Le paysage y est sec. Les maisons sont disséminées sous les quelques arbres de cette bourgade à la fois proche géographiquement de Ouagadougou, mais éloignée sur le plan des conditions de vie.

À Nagréongo, comme dans beaucoup de villages de Burkina Faso, la vie quotidienne n’est pas toujours facile. Le manque d’approvisionnement en eau potable, les années de sècheresse et les conséquences pour le bétail et les cultures, le manque d’électricité et la pauvreté, affectent de nombreuses familles. Tout le monde travaille depuis tout petit pour aider à la maison et les adultes, faute d’éducation, suivent les traditions léguées par leurs parents qu’ils transmettent, à leur tour, à leurs enfants.

Pourtant, la modernité est chaque jour plus présente dans ces villages où de nombreux jeunes rêvent d’autres horizons. À Nagréongo les étudiants du collège qui veulent poursuivre leur étude doivent aller à Ouagadougou. Il leur faut partir pour la capitale s’ils veulent devenir médecins, sages-femmes ou avocats et ne plus travailler dans les champs.

Aminata TAPSUBA est une ancienne à l’esprit jeune. Elle accepte avec le sourire la modernité, car c’est « le temps des jeunes », dit-elle. Aminata est une femme mince et très timide qui demande à faire l’interview en dehors de chez elle pour ne pas faire jazzer le voisinage et de ne pas la prendre en photo.

Parler avec des étrangers n’est pas quelque chose qui arrive tous les jours à une femme d’un village. Encore moins que la conversation soit enregistrée. Au début, Aminata est intimidée par l’enregistreur radio. Alors l’envoyée spéciale dépose l’appareil sur la table et le dialogue commence sans enregistrer. Il n’est pas question de forcer Aminata à répondre. Aucune interview ne peut se faire sans l’accord des personnes.

Pour la convaincre, l’envoyée spéciale lui explique ce qu’est le projet Globe Reporters. Elle la rassure en disant lui qu’elle peut choisir de ne pas répondre à toutes les questions et qu’elle a le droit de refuser d’être prise en photo.

Rapidement, au fil de la conversation, le sourire gagne le visage d’Aminata. Elle raconte plein d’histoires, signe qu’elle se sent bien avec l’envoyée spéciale des globe-reporters et avec la traductrice qui facilite le dialogue. Aminata ne parle pas français, mais moré, la langue la plus courante au Burkina Faso.

Petit à petit, Aminata accepte d’être enregistrée. Ses réponses sont plus longues. Et c’est en rigolant qu’elle dit en fin d’interview : « Vous pouvez me prendre en photo ». Une très belle rencontre avec une femme simple qui évoque sa vie quotidienne au village.

Aminata TAPSUBA accepte la modernité et que ses enfants suivent leur propre chemin, en dépit des traditions.

Attention, la traduction suit les réponses d’Aminata.

Sources sonores

  • Êtes-vous locataires de votre logement et à qui appartient la terre ?

  • Comment vous alimentez-vous ? Est-ce varié et équilibré ?

  • Comment utilisez-vous votre temps libre ? Quelles activités faites-vous ? Et les enfants ?

  • Quelle est votre façon de vous vêtir ? Où obtenez-vous les vêtements ? Quelle est la mode au Burkina ? Quel est le nom du vêtement traditionnel ?

  • Est-ce que les jeunes femmes et pour les femmes âgées portent les mêmes habits ?

  • Combien d’enfants avez-vous par foyer ? Est-ce qu’il y a encore de la polygamie ?

  • À la campagne, comment faites-vous lorsque la sécheresse vous empêche d’avoir de bonnes récoltes ?

  • Avez-vous l’électricité ? Quel est son prix ?

  • L’accès à l’eau est-il difficile dans les campagnes ? Qui est chargé au foyer d’aller chercher de l’eau ?

  • Comment s’organisent les tâches du quotidien ?

  • Les femmes ont-elles les mêmes droits que les hommes ?

  • Comment cohabitent modernité et traditions ?

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