Enfants soldats, le témoignage de Marc à Bukavu (RDC).

Publié le 8 avril 2014

L’envoyée spéciale des globe-reporters parisiens a rencontré Marc à Bukavu. Marc avait 10 ans quand il a été recruté par un groupe armé.
C’était la période de noël. C’était l’année 2003. C’était les vacances. Les parents de Marc l’avaient envoyé passer une partie des vacances chez ses oncles à Walungu, un des territoires de la province du Sud Kivu.
Un après-midi, Marc est allé se baigner au fleuve avec des amis. Un groupe d’hommes armés est arrivé. Ils ont obligé Marc et ses amis à les suivre. Marc n’a même pas eu le temps de dire au-revoir à ses oncles ou de prévenir sa famille.
Marc raconte : "Ils nous ont donné un fusil et nous avons commencé à faire a guerre. Ce n’était pas facile et nous ne mangions pas beaucoup."

2013/2014 - RDC

Un jour, lors d’un grand combat, Marc a été blessé à la jambe gauche. Il poursuit son récit : "Les balles sifflaient de partout et quelques amis étaient tombés à mes côtés. Moi, je courrais. Soudain, j’ai senti froid à la jambe gauche. Toujours en courant, j’ai regardé ma jambe et là j’ai vu. J’étais blessé. Les chefs du groupe armé m’ont laissé là tout seul mais j’ai réussi à y rentrer chez moi."

Après avoir passé 8 mois dans ce groupe armé, Marc a eu la chance de pouvoir retrouver sa famille. Ses parents l’ont amené à l’hôpital où sa jambe a pu être sauvé.

Aujourd’hui Marc a 20 ans. Il est grand et mince, avec des petites lunettes et une grande cicatrice à la jambe gauche. Il est le responsable des jeunes de l’organisation ASO (Association de Soutien aux Opprimés).

ASO vient en aide aux enfants qui ont passé un temps au sein des groupes armés. Pour eux, c’est difficile de revenir à une vie normale. Ils doivent reprendre des études ou apprendre un métier. Depuis leur retour, ils ont parfois aussi des relations tendues avec leurs parents.

Parmi les nombreuses activités proposées par ASO pour la réinsertion de ces enfants et adolescents, il y en a deux qui rencontrent beaucoup de succès : faire du théâtre et jouer du tambour.

Les jeunes d’ASO jouent des pièces qu’ils ont eux-même crées. Elles évoquent ce qui s’est passé après qu’ils, ou elles, furent recrutés par la force. Une fois par semaine, la troupe se rend dans les villages éloignés de la région pour sensibiliser les habitants et éviter que les enfants tombent dans le pièges des groupes armés.

Pour attirer l’attention des gens et les faire venir jusqu’à la place dans les villages pour assister aux représentation, les jeunes d’ASO jouent les tambours qu’ils fabriquent eux-mêmes.

Zip - 107 Mo
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Sources vidéo

Les jeunes, l’art et ASO. Un film de Laurence Femont.

Marc raconte son histoire.

Répétition théâtrale de l’ASO.