Notre envoyé spécial nous envoie des nouvelles de Phnom Penh
Carnet de route
Chers globe-reporters, chères globe-reportrices,
J’espère que ces mots vous trouveront en pleine forme !
Après une petite escapade sur le lac de Tonlé Sap où je me suis rendu dans un village flottant, je suis de retour à Phnom Penh où je cours à droite à gauche pour interviewer toutes les personnes que vous m’avez demandé de rencontrer.
Je suis confronté à la difficulté de trouver des personnes francophones dans un pays de près de 18 millions d’habitants qui ne comptent plus qu’environ 400 000 locuteurs du français. La forte présence chinoise ici, l’usage de l’anglais pour les affaires et l’assassinat par les Khmers rouges d’une grande partie de l’élite majoritairement francophone du pays de 1975 à 1979 ont largement contribué à affaiblir la langue française.
Depuis le début des années 2000, les enfants des réfugiés cambodgiens exilés en France ont commencé à retourner au Cambodge. Ce mouvement s’inscrit dans un contexte d’enfants de seconde génération (nés en France dans les années 1980-1990) cherchant à renouer avec leurs racines après l’exil de leurs parents fuyant les Khmers rouges. J’en ai rencontré quelques-uns, dont le patron d’une salle de Kun Khmer, la boxe khmère.
Dans ce contexte, il m’est difficile de m’éloigner trop de Phnom Penh parce que c’est ici que se concentre la majorité de la population francophone. Heureusement, j’ai pu bénéficier d’un interprète lorsque je me suis rendu sur le lac de Tonlé Sap. Il était malheureusement anglophone ce qui me demandera beaucoup de travail pour vous restituer les interviews traduites en français.
Comme vous pouvez le constater, j’ai déjà employé deux fois le terme « Khmers rouges » dans ce message que je vous envoie. L’empreinte laissée par leur passage au pouvoir il y a un demi-siècle est encore très présente ici. Je vous enverrai bientôt un petit texte sur ma visite de la tristement célèbre prison de Tuol Sleng (S21) où des milliers de personnes furent assassinées.
Je commence à trouver mes repères dans cette grande ville et j’ai notamment sympathisé avec Synoun (voir photo), qui fait la cuisine sur le trottoir non loin de là où je loge. C’est elle qui me nourrit presque chaque jour pour trois euros le repas. J’ai également fait la connaissance de quelques-un-e-s des élèves du lycée français de Phnom Penh où l’on m’a demandé de présenter mon métier auprès des classes de troisième. J’ai également répondu aux questions du club radio animé par Bertrand, un instituteur français installé au Cambodge. Je suis retourné les voir avant-hier pour leur donner des conseils sur le métier de journaliste radio.
Je joins à ce mail quelques-unes des photos que j’ai prises depuis le début de mon séjour.
Amicalement et confraternellement,
Votre envoyé spécial
Sources photographiques
Navy et Sreyneang, les bibliothécaires du bateau bibliothèque de l’association SIPAR sur le lac de Tonlé Sap © Globe Reporters
Des élèves d’un collège du lac de Tonlé Sap © Globe Reporters
Un pêcheur sur le lac de Tonlé Sap © Globe Reporters
Une des salles de torture de la prison de Tuol Sleng © Globe Reporters
Avec les élèves du club radio du Lycée français René Descartes de Phnom Penh © Globe Reporters
Grimpeur de palmier à sucre © Globe Reporters
Synoun, ma cuisinière préférée à Phnom Penh © Globe Reporters
La « deudeuche » à l’entrée du lycée français René Descartes de Phnom Penh © Globe Reporters